Monday, February 26, 2007

Apocalypse now and again

Vacances, n.f.pl.: période où l’on arrête de travailler pour déballer des cartons.

 

La semaine dernière, j’étais en vacances.

Etape numéro un: dormir deux jours, en se levant occasionnellement pour répondre au téléphone. Tout autre activité peut attendre. Le téléphone aussi pourrait, mais étant à coté du lit, il me réveille.

 

Etape numéro deux: réquisitionner Madame ma mère et sa voiture pour faire le déménagement de mes 30 m² (temps total: 6 heures).

 

Etape numéro trois: renvoyer l’ascenceur en l’aidant à déménager son palace à elle (42 pièces, greniers, celliers, caves, garage, jardin, etc, etc) (temps total: à voir. On en est à 20% du boulot et à environ 50 000 heures/hommes).

Je me serais pas fait arnaquer?

 

Le premier jour, nous avons ouvert des cartons, rangé leur contenu, monté des meubles, descendu des tas et des tas de trucs à jeter mais qu’on n’avait pas eu le temps de jeter avant le déménagement.

Le soir, nous n’avons pas pu nous légumer devant la télévision, puisqu’on n’avait pas d’antenne, ni nous doucher - la baignoire étant occupée par 3 caisses et un matelas. 

Ce qui ne nous empêcha pas de dormir du sommeil du bienheureux éreinté. Jusqu’à ce que le soleil se lève, et nous avec - les rideaux étaient probablement au fond d’un carton. Les yeux englués de poussière, nous trébuchons au saut du lit sur devniez quoi? Bien, vous avez suivi.

Pas besoin de dessin, ça a continué jusqu’au dimanche. Au bout de ce temps, nous avions une salle à manger et la possibilité d’accéder aux lits sans matériel d’escalade.

Ce qui tombait bien, aujourd’hui il fallait retourner au boulot.

Je ne me sens pas fatiguée après cette supposée journée de travail, bizarrement….

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Sunday, February 25, 2007

Mélancolie

Je ne pleure pas,

Mais mes yeux tracent toujours

Tes pas dans la neige.

 

ダロアクセル

 

 

 

Les journées d’hiver s’accumulent et le temps s’étire comme les nuages sales que je ne vois plus. La pluie ne tambourine pas au fenêtres en accompagnant mes pensées de son rythme rassurant, mais ruisselle en emportant la poussière et quelques rares feuilles mortes. Paris soupire et frissonne dans le froid, sous une pluie fine qui s’insinue sous la peau, jusque dans l’âme des passants.

 

En fermant les yeux je pars en vacances sous d’autres cieux plus bleus. Je pense à la mer qui a accueilli mes étés si longtemps et à son eau si froide. Je pense à ces matins d’été…

 

Il est 6 heures et le soleil se lève sur une maison encore tout ensommeillée. Les escaliers craquent sous mes pieds, la porte grince sous ma main, le parquet se joint à la fanfare, puis le volet de la porte d’entrée. Les sons semblent rebondir sur les murs de la maison encore silencieuse pour au moins une heure.

Le soleil ne tape pas encore sur la plage déserte. Les grains de sable crissent, les mouettes crient, les vagues se brisent en un murmure apaisant. Le premier orteil à toucher l’eau se recroqueville en protestant. Pour réussir à entrer dans l’eau, la seule solution est d’y courir sans trop réfléchir, à l’indignation des oiseaux qui profitaient de la tranquilité matinale. Tous mes muscles se contractent sous l’agression du froid. Je plonge et je nage pour ne pas laisser l’engourdissement m’envahir. Le sel me pique la peau et les yeux, mais rapidement je ne sens plus rien.

Je nage sous l’eau un moment. J’aime ce monde où sons et lumières ne pénètrent que filtrés, tamisés, assourdis. Je me bats contre mes poumons pour ne pas remonter, comptant les secondes…encore un peu…jusqu’à la prochaine dizaine de secondes…En remontant, les grandes goulées d’air sont salées. Je fatigue déjà, mais je nage necore un peu, un peu trop loin, pour oublier tout ce que j’ai laissé sur le sable - les amis qui n’en sont pas, un prince charmant très Dreamworks trop occupé à s’autocongratuler pour penser à sauver la princesse, les soucis quotidiens que l’ont sait futiles mais qui vous torturent comme ce bouton de moustique qu’on gratte sans arrêt.

Et puis quand je suis assez loin pour avoir déjà mal partout je fais demi-tour, mais pas avant, pour savourer le goût de cette fausse frayeur - vais-je réussir à rentrer, la plage est si loin, le courant est plus fort ici. J’ai mal, mes doigts sont bleus, mes muscles me lancent, encore 100 mètres. J’alterne brasse et crawl pour me reposer - 80, 60, 50 mètres. Quelques mètres sous l’eau pour échapper au vent qui me mord à la surface. Plus que 40 mètres, 30, 25. J’aurai bientôt pied. Je laisse le courant me ramener un peu en arrière. Je savoure ce moment d’angoisse puis je repars. Enfin j’ai pied et je finis en marchant. Le vent me fouette du sable qui colle sur ma peau mouillée et je tremble de froid.

Je rentre me doucher sans prendre le temps de me rhabiller.

Sur le chemin du retour je me moque de moi-même. Quelle idée de venir se baigner si tôt. On ne send que le froid, le sel et le sable, rien n’est plus désagréable que cette sensation de crisser partout.

 

Je reviendrai demain.

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Thursday, February 15, 2007

Back to the USS…France

Mesdames, Messieurs,

 

Bien le bonjour tout d’abord. A la demande de mon public, je reviens vous raconter les milles et unes catastrophes qui ne peuvent que parsemer la vie d’une grande distraite.

 

Je suis donc revenue du Japon il y a 4 mois, uniquement pour repartir immédiatement en Allemagne. Où je n’avais pas d’ordinateur à ma disposition, ce qui va évidemment me servir d’excuse pour ne pas avoir écrit.

 

Carnet de voyage, Allemagne, Part I.

Alors, l’Allemagne? Et bien, l’Allemagne…Précisons d’abord je n’ai vu que Cologne et ses environs.

Et que décidément, j’aime beaucoup ce pays. Mais j’y ai fait des découvertes à faire dresser d’effroi le poil de tout animal civilisé. Les Allemands, vous connaissez, ce peuple si poli, parfois tendant un peu sur le distant? Erreur fatale! Tous les Allemands ne sont pas comme ça… Cologne est une belle ville, typique de ce style “maison de poupée” des villes reconstruites après la guerre - avec en plus une cathédrale bien connue de tous, qui a beaucoup, beaucoup de marches mais offre une vue imprenable sur le marché de Noël. Mais c’est une autre histoire.

Voici la version abrégée de l’étude socio-ethnologique de 500 pages que je ne manquerai pas d’écrire quand je serai enfermée dans 3 m² sans espoir d’en sortir: les Parisiens sont des parangons de politesse dans les transports en commun.

Un myhte s’est effondré. poli, les Allemands? Surement. Mais alors Cologne est au Pérou. Oui, certes, les Parisiens sont un peu rudes. Oui, ils se lèvent 5 stations avant de descendre et bloquent le passage pour tout le monde pour être certains de descendre en premier*. Mais…

Mais ils se lèvent pour laisser asseoir les vieilles dames, quoi qu’on en dise. Ici, j’ai vu un type se précipiter pour prendre une place avant la femme enceinte avec son petit de deux ans dans les bras.

Mais, même de mauvais coeur, ils laissent les gens descendre. Certes, ils essaient de monter en même temps si c’est possible, mais on réussit toujours à descendre avant la station suivante…à Paris du moins…

Mais ils s’excusent quand ils vous roulent sur les pieds avec la pousette, ou qu’ils vous marchent dessus. Enfin, la plupart du temps. S’ils s’en rendent compte, du moins. Et qu’ils sont de bonne humeur. Et jamais le lundi à 7 heures, mais ça se comprend.

 

Alors d’où vient cette réputation de droiture et de politesse?

Et bien, si le Colognais (Colognois? Colon? Cologniant?) de base se comporte comme un babouin à qui on aurait volé sa banane (dans les transports, s’entend), il est néanmoins d’une courtoisie alambiquée mais sans faille.

Il vous vouvoiera toujours en vous insultant (pour avoir essayé de descendre avant qu’il monte, par exemple.)

Il achètera toujours un ticket pour son trajet (même s’il faut, pour accéder à l’automate, éliminer quelques obstacles gênants et inintéressants comme des enfants et des personnes âgées, et faire la queue si longtemps qu’il a dépassé sa station depuis 10 minutes).

Il sera toujours prêt à vous aider à trouver votre station, puis votre chemin (mais pas à porter votre valise dans les escaliers, faut pas pousser).

 

Et surtout…

L’Allemand n’insistera pas pendant 20 minutes pour vous emmener boire un café.

Et pour cet acte de civisme, je leur dis merci.

 

 

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*Et il s’agit effectivement de descendre d’abord, et pas d’être pressé. Après vous avoir marché sur le pied pour descendre en premier, ce charmant monsieur avec sa valise marchera au pas de la tortue tout en bloquant soigneusement toute la largeur du couloir.

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